L'EPA de Trump propose d'autoriser les centres de données à dissimuler leur pollution atmosphérique.

Alors même que l'expansion des nouveaux centres de données se heurte à une opposition croissante de la part des communautés environnantes, un tournant décisif est sur le point de se produire. L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA), l'autorité nationale chargée de protéger la santé humaine et l'environnement, s'apprête à rendre plus difficile pour le public de faire entendre sa voix concernant la pollution causée par ces centres.

Une mesure que l'EPA s'apprête à prendre pourrait bien changer la donne. L'agence envisage en effet de supprimer une règle fédérale essentielle qui impose une notification publique et une période de consultation lorsque certains sites industriels, tels que les centres de données, déposent une demande de permis d'émission atmosphérique. Ce permis d'émission atmosphérique définit essentiellement les limites admissibles de polluants qu'un centre de données ou d'autres installations industrielles sont légalement autorisées à rejeter dans l'atmosphère.

En substance, cette réglementation essentielle a jusqu’à présent offert aux collectivités locales une tribune leur permettant d’exprimer leurs opinions et leurs préoccupations quant à l’impact potentiel de l’implantation de centres de données. Les partisans de cette réglementation font valoir que la suppression de cette obligation de consultation publique donnerait aux entreprises industrielles toute latitude pour mener à bien leurs projets de construction sans tenir compte de l'opinion locale, ni même prévenir à l'avance les riverains des projets de construction à venir.

On comprend aisément que ces préoccupations trouvent un écho particulier auprès d’un gouvernement déterminé à accélérer les démarches d’obtention des autorisations nécessaires et à réduire ce qu’il considère comme des obstacles administratifs inutiles. Cependant, le prix à payer pour une telle accélération risque de porter atteinte au processus démocratique, laissant les habitants mal informés et impuissants face à des projets industriels imminents.

Il s’agit d’un problème de plus en plus préoccupant, notamment compte tenu de la prolifération des centres de données à l’échelle nationale et mondiale. Après tout, ces centres constituent l’épine dorsale du monde numérique : ils stockent, traitent et diffusent d’énormes volumes de données qui, dans notre monde de plus en plus connecté, ne cessent d’augmenter. Ces besoins en données ont toutefois un coût environnemental. La climatisation à l’échelle industrielle nécessaire pour maintenir des conditions de fonctionnement optimales au sein de ces centres de données, par exemple, contribue de manière significative aux émissions de carbone, à la pollution atmosphérique et au réchauffement climatique.

Les communautés vivant à proximité de ces nouveaux sites de centres de données ont, par nature, le droit d’exprimer leurs inquiétudes quant aux impacts potentiels sur leur environnement local et la santé publique. Une évolution vers une procédure d'autorisation moins transparente pourrait alimenter la méfiance et exacerber les conflits entre les acteurs du secteur et les riverains. Il sera donc essentiel d'observer comment ce changement proposé sera géré et quels effets à long terme il pourrait avoir sur le développement futur des centres de données.

Pour plus d'informations sur ce projet, Consultez l'article original sur The Verge.

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